• Les autres sites de l'AVH
    • Boutique Valentin Haüy : Tout pour votre autonomie
    • Residence-Services Paris : Votre retraite en toute autonomie
    • Certam : Mieux connaître vos aides techniques
    • Imprimeries braille : confiez-nous vos travaux
  • Valentin Haüy Actualités S'abonner au VH Actualités Télécharger le VH Actualités
  • L'Essentiel 2015 Télécharger l'Essentiel de l'AVH (Pdf, 2 Mo) Télécharger l'Essentiel de l'AVH (Word, 1.5 Mo)
  • Aide sociale et juridique
    Matériel Spécialisé : Narratellis, machine à lire portable (Nouveau)
    Médiathèque : Accéder au site


À la Une

Parution du Valentin Haüy Actualités de juin 2009

Publié le

A lire notamment : Un point sur le glaucome aujourd'hui. En France, on estime que plus de 500 000 personnes sont atteintes de glaucome et traitées. Cependant, un grand nombre de personnes ne le savent pas et ne sont pas traitées, parce que non dépistées.

Par le Dr Christine Parc (Service d'ophtalmologie de l'Hôpital Foch, 40 rue Worth, 92150 Suresnes)



Introduction

Le glaucome est une maladie de la vision qui peut être grave et peut conduire à la cécité. Non traité, il entraîne une destruction lente du stock des fibres du nerf optique, d'où une détérioration insidieuse du champ visuel, avec menace de cécité.

Il ne faut pas attendre de présenter des signes pour consulter un ophtalmologiste, car la maladie se développe longtemps sans donner de symptômes. C'est à un stade le plus précoce possible qu'il faut prendre en charge la maladie, afin de préserver au mieux le capital de fibres du nerf optique.



DIAGNOSTIC

Seul un examen pratiqué par un ophtalmologiste peut dépister un glaucome débutant.
Ce bilan de dépistage doit être effectué régulièrement, d'autant plus que le patient présente des facteurs de risque (voir ci-dessous).


L'ophtalmologiste dépiste le glaucome par :

  • la mesure de la pression oculaire
  • l'examen du nerf optique.

En fonction des constatations de son examen, il demande la réalisation d'un champ visuel (les mots en italiques sont définis dans le glossaire).

Le glaucome est une maladie évolutive et progressive. Le traitement a pour but de ralentir son évolution, et de ramener la perte en fibres du nerf optique à un niveau de perte normal pour l'âge du patient (car tout le monde perd régulièrement des fibres en vieillissant).

Le glaucome est habituellement une maladie chronique. Celle-ci est silencieuse pendant des années, c'est-à-dire que le patient ne ressent pas de gêne, pas de douleur, ni de baisse de la vision, alors que, à bas bruit, des lésions irréversibles se constituent. Dans le glaucome, il y a une perte accélérée des fibres qui constituent le nerf optique. Sa cause est encore inconnue. Cependant, il est établi qu'un excès de pression dans l'œil accélère la disparition des fibres du nerf optique. Mais, chez certains patients présentant un glaucome, il n'y a pas d'excès de pression.

Il n'est pas obligatoire que la pression intraoculaire soit trop élevée pour qu'un glaucome se développe.

Pourquoi peut-il exister trop de pression dans les yeux ?
Des liquides circulent en permanence dans nos yeux pour les nourrir. Avec l'âge, ou au cours de certaines maladies des yeux, les liquides sont moins bien évacués et la pression à l'intérieur augmente. La disparition des fibres qui constituent le nerf optique est irréversible. Lorsque plus de 30% des fibres du nerf sont détruites, le champ visuel du patient se détériore. Ce champ visuel s'altère de plus en plus, progressivement, si bien que le patient est souvent long à s'en rendre compte. Au stade de glaucome sévère, l'acuité visuelle du patient chute. La baisse de la vision est alors irréversible.

Le glaucome chronique devient symptomatique pour le patient lorsque des lésions irréversibles se sont déjà constituées.

Les modalités de la surveillance et le traitement du glaucome doivent être réévalués régulièrement, par l'ophtalmologiste, afin qu'il réajuste le traitement en fonction de l'évolutivité du processus de destruction des fibres.
L'ophtalmologiste contrôle périodiquement l'acuité visuelle, l'état du nerf optique, et la pression oculaire.
Des examens complémentaires sont nécessaires au dépistage et à la surveillance du glaucome : le relevé du champ visuel, la pachymétrie, l'analyse des fibres du nerf optique.

Avec un traitement régulier, la vision peut être préservée.



TRAITEMENTS

L'ophtalmologiste dispose d'un arsenal de traitements pour combattre le glaucome :

  • LES MEDICAMENTS DIMINUANT LA PRESSION OCULAIRE. Ils se présentent soit sous forme de collyres, soit, plus rarement, en comprimés. Ces collyres abaissent la pression dans l'œil. Selon leur classe, ils agissent soit en diminuant la production des liquides qui circulent dans l'œil, soit en augmentant l'évacuation de ces liquides circulants. Chaque classe de médicament peut être utilisée isolément, ou bien les médicaments peuvent être associés entre eux pour davantage d'efficacité.
    L'ophtalmologiste cherche à équilibrer le glaucome en utilisant le moins de produits possibles. Lorsqu'un nombre trop important de médicaments est nécessaire pour équilibrer le glaucome, ou bien lorsque le patient ne supporte pas ces traitements, alors une intervention chirurgicale peut être proposée.
  • LES TRAITEMENTS AU LASER :
    1. la trabéculoplastie qui vise à élargir les mailles du site principal de résorption des liquides de l'œil : le trabeculum. Les effets de ce traitement ne sont en général que temporaires, et réservés à des cas particuliers.
    2. l'iridotomie au laser
    3. le cycloaffaiblissement au laser.
  • LE TRAITEMENT CHIRURGICAL : il a pour but d'abaisser la pression oculaire, mais ne peut améliorer l'état de la vision. Il consiste à réaliser une voie de déviation pour l'évacuation des liquides de l'œil. Les deux techniques les plus souvent employées sont la trabéculectomie et la sclérectomie profonde.


Le traitement du glaucome est en somme une course dont le but est de ralentir l'évolution de la maladie, en essayant de stabiliser la perte des fibres, pour devenir équivalente à la perte en fibres du nerf optique normale pour l'âge du patient.
La maladie glaucome se stabilise, mais ne guérit pas.



LES DIFFERENTS TYPES DE GLAUCOME :

  • Le glaucome chronique est la forme la plus fréquente.
  • Le glaucome aigu ; c'est une urgence. Il s'agit d'un blocage des liquides circulant dans un œil, qui provoque une augmentation brutale et très importante de la pression dans l'œil atteint. Le glaucome aigu fait en général très mal ; il provoque une baisse de vision brutale et le diagnostic se fait dans un contexte d'urgence. Le traitement nécessite une hospitalisation.
  • Le glaucome congénital : il se révèle avant l'âge de trois ans, et est lié à des malformations constitutionnelles de l'œil. Le diagnostic se fait en général devant un bébé qui a des cornées blanc bleutées, un peu comme du verre dépoli.
  • Le glaucome secondaire : c'est un glaucome qui peut apparaître après un traumatisme, après certaines maladies, après une inflammation de l'œil. Dans ce cas, le traitement est celui du glaucome, mais aussi celui de la cause.



STRATEGIES DE DEPISTAGE DU GLAUCOME :

  • Pour le glaucome chronique : à partir de l'âge de 40 ans, mesure annuelle de la pression oculaire et examen du nerf optique au fond d'œil, lors d'une consultation ophtalmologique.
  • Pour le glaucome aigu : examen ophtalmologique annuel des patients hypermétropes qui sont presbytes.


Les principaux facteurs de risque de glaucome : l'hypertonie oculaire, les antécédents familiaux de glaucome, l'âge (plus de 40 ans), une myopie forte...
Ni la lecture, ni le travail sur ordinateur, ni la télévision ne favorisent le glaucome.

GLOSSAIRE


  • Champ visuel : zone de l'espace perçue par le regard, alors que les yeux restent immobiles
  • Pachymétrie : technique de mesure de la pression intraoculaire
  • Trabéculoplastie : photocoagulation sélective de l'angle irido-cornéen, ce qui entraîne une rétraction du tissu trabéculaire et qui permet de faciliter l'écoulement de l'humeur aqueuse.
  • Iridotomie : petit trou au laser Yag, dans l'iris
  • Cycloaffaiblissement : destruction du corps ciliaire qui produit l'humeur aqueuse de l'œil.
  • Trabéculectomie : procédé chirurgical de dérivation de l'humeur aqueuse pour shunter les voies habituelles. Dans ce procédé, une petite zone de trabeculum est ôtée, ainsi qu'un petit fragment d'iris.
  • Sclérectomie : technique chirurgicale de dérivation de l'humeur aqueuse, avec amincissement du trabeculum, sans ôter le petit fragment d'iris.
  • Hypermétropie : vision nette des objets éloignés à condition d'accommoder