Historique


Jusqu'au 18ème siècle

Jusqu’au 18ème siècle, l’histoire des aveugles se confond avec celle de tous les autres exclus. Les moins favorisés mendient ou vivent d’expédients.

C’est la publication par Diderot, le 9 juin 1749, de sa « Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient », ouvrage évoquant notamment le mathématicien aveugle Saunderson (1682-1739), qui va changer l’image des aveugles dans la société.

Et ce n’est que 36 ans plus tard, en 1785, que la première école pour aveugles est fondée par Valentin Haüy (1745-1822).




La première école pour aveugles

Valentin Haüy (prononcer A-U-I), homme de lettres pratiquant outre le latin, le grec et l’hébreu, une dizaine de langues vivantes, s’intéresse d’abord en curieux au sort des personnes aveugles et, à la suite de Diderot, à leur « psychologie ». En 1771, choqué à la vue d’un triste spectacle mettant en scène des aveugles à la Foire Saint-Ovide, il se passionne pour l’éducation des aveugles et ambitionne de leur apprendre à lire.

Dans cette intention, il fait réaliser des caractères spéciaux en relief et mobiles et, en 1784, entreprend avec succès d’instruire un jeune homme aveugle. A la demande de la Société Philanthropique, il prend en charges d’autres jeunes gens aveugles, garçons et filles. L’Institution des Enfants Aveugles est née.

Nationalisée en 1791 par l’Assemblée constituante, puis rattachée en 1800 à l’hospice des Quinze-Vingts, l’école reprend son autonomie sous la Restauration, en 1815, sous le nom d’Institution Royale des Jeunes Aveugles.

C’est dans cette institution que Louis Braille (1809-1852), alors jeune aveugle de 10 ans, entre comme élève en 1819 et y apprend à lire au moyen des caractères en relief imaginés par Valentin Haüy.

En 1821, Charles Barbier de La Serre, ancien capitaine d’artillerie passionné d’écriture rapide, vient présenter son système d’écriture nocturne à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles. Louis Braille se passionne pour le système ingénieux de points en reliefs inventé par Barbier, mais qui présente l’inconvénient de ne transcrire que les sons, supprimant l’orthographe, la grammaire, la ponctuation et ignorant les chiffres. Entreprenant ses propres recherches sur cette base, Louis Braille met alors au point, à l’âge de 16 ans, le système d’écriture qui porte son nom. Celui-ci fera l’objet en 1829 d’une première publication : « Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points à l’usage des aveugles et disposés pour eux ».

Nommé professeur en 1828, Louis Braille poursuivra ses travaux et ses recherches au sein de l’Institution, où il meurt à l’âge de 43 ans, en 1852.




Création de l'association Valentin Haüy

Quelque 15 années plus tard, l’Institution, installée depuis 1844 dans le bâtiment qu’elle occupe encore aujourd’hui boulevard des Invalides à Paris, et devenue en 1848 l’Institut National des Jeunes Aveugles, accueille un nouvel élève, Maurice de La Sizeranne (1857-1924), devenu aveugle par accident à l’âge de 9 ans.

A la fin de ses études, en 1878, il est nommé professeur de musique à l’Institut National des Jeunes Aveugles. Passionné par le développement du système braille, et notamment par la création d’une nouvelle méthode abréviative de l’écriture braille, il renonce à toute activité professionnelle dès 1880, pour se consacrer entièrement à la cause des aveugles. Il crée des journaux et des revues en braille, dont le « Louis Braille » et le « Valentin Haüy », il crée en 1886 une bibliothèque braille et la « bibliothèque Valentin Haüy », constituée d’abord de sa bibliothèque personnelle.

En 1889, il fonde l’association Valentin Haüy, dont il assumera les fonctions de Secrétaire Général pendant 35 ans, jusqu’à sa mort en 1924.