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« Braille 1809-2009 » L’écriture à 6 points et son avenir |
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Quelques repères
Colette Marsan, Rédacteur en chef du Valentin Haüy Christian Coudert, chef de projet informatique à l’Association Valentin Haüy
La maison natale
Le village de Coupvray, situé à 40 kilomètres à l’est de Paris, entre Lagny et Meaux, est une bourgade rurale dans un environnement préservé. En 1809, la famille Braille habite une maison située à l’extrémité du village, dans le Chemin des Buttes, aujourd’hui rebaptisé « rue Louis Braille ». Louis y naît le 4 janvier 1809 et y vit jusqu’à l’âge de dix ans. Il y reviendra régulièrement jusqu’à la fin de sa vie. Le père de Louis y exerce le métier de bourrelier et c’est dans cet atelier que Louis, âgé de trois ans, se blesse un œil, en voulant utiliser les outils de son père. L’infection qui se déclare bientôt se propage à l’autre œil et LOUIS EST AVEUGLE VERS L’ÂGE DE CINQ ANS.
Aujourd’hui, la maison, classée monument historique, est devenue le musée Louis Braille.
C’est une maison briarde typique qui a conservé son aspect authentique, paysan, massif. Dans la salle commune, pièce à vivre de cette famille qui comptait quatre enfants, chaque objet évoque la vie quotidienne de l’époque : l’évier, le four à pain, la niche à fromage, l’âtre, l’alcôve.
À l’étage, la salle du haut est consacrée aux inventions liées à l’écriture braille : les premières tablettes braille, une machine à écrire le braille et d’autres objets directement liés à sa vie ou à l’œuvre de Louis.
Louis est définitivement aveugle vers l’âge de cinq ans
En 1819, âgé de dix ans il est admis à l'Institution Royale des Jeunes Aveugles de Paris, fondée en 1785 par Valentin Haüy, qui deviendra l'Institut National des Jeunes Aveugles (INJA). Louis adore apprendre : dès sa première année de scolarité, il obtient tous les premiers prix, qu’il s’agisse de travaux manuels ou intellectuels. L’année suivante, un ancien capitaine d’artillerie, Charles Barbier de La Serre, présente au Directeur de l’Institution un système de lecture phonétique. Louis le teste aussitôt et propose des améliorations que Barbier refuse. Louis réfléchit.
Finalement, il retient du système Barbier l’idée du point saillant, plus perceptible au doigt que le trait lisse. Mais il abandonne la représentation de sons par des caractères, comprenant qu’un système alphabétique favorisera l’éducation des aveugles. Dès 1825, Louis n’a que seize ans, l’essentiel de son système est réalisé.
En 1829 paraît le premier exposé de son «Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points à l'usage des aveugles». Au cours des années suivantes, il perfectionne le code qu’il fait tester par ses camarades. La seconde édition du Procédé, parue en 1837, dans laquelle le trait a disparu, fixe définitivement les caractères de l’alphabet, les chiffres et la ponctuation, et comporte une notation musicale dont l’essentiel est toujours en usage au plan international.
Le système braille est né.
Louis exercera à l'Institution Royale les fonctions de «répétiteur aveugle» puis de professeur à partir de 1827. Il enseignera des matières aussi diverses que la grammaire, l'histoire, la géographie, l'arithmétique, l'algèbre, la géométrie, le piano, le violoncelle.
L’écriture braille
Partant de la configuration à douze points de l'écriture Barbier, Braille imagine une cellule composée de six points seulement, répartis en deux rangées verticales de trois points. La présence ou l'absence de ces six points dans les six emplacements de la matrice aboutit à 64 combinaisons différentes (espaces compris). Toutes les lettres de l'alphabet, les signes accentués, la ponctuation et les chiffres peuvent ainsi être représentés : à partir de 6 points en domino, on peut obtenir 64 combinaisons donnant un système complet d'écriture et de lecture.
Le génie de Louis Braille transparaît à bien des égards à travers son invention : · Il dote les aveugles d'un système alphabétique (celui de Barbier était phonétique) ; · Il réduit à six le nombre total des points susceptibles d'être utilisés pour un caractère, ayant observé que c'est le nombre maximum que l'index peut percevoir rapidement et globalement ; · Il les dispose en deux colonnes de trois points. "Un point de moins en hauteur et le nombre de combinaisons est insuffisant, un point de plus et 75 pour cent des signes deviennent difficilement lisibles" ; · Il les agence dans un ordre logique et facile à mémoriser ; · En utilisant les 64 combinaisons possibles, il réussit à créer tous les signes requis pour l'expression écrite de la pensée.
En
1837, année de la parution de la seconde édition du «Procédé» il y avait déjà
douze ans environ que l'on expérimentait le système d'écriture ponctuée
imaginé
Louis Braille au Panthéon
En 1835, à l’âge de 26 ans, Louis Braille, atteint de tuberculose, a un premier accident pulmonaire. Cette maladie s'aggrave au fil des années, en grande partie du fait de l'insalubrité des locaux de l'Institut de la rue Saint-Victor. En 1847 une légère amélioration de son état de santé lui permet de reprendre l'enseignement qu'il avait momentanément abandonné.
Le soir du 6 janvier 1852, il meurt à l'âge de 43 ans dans le bâtiment actuel de l’Institut National des Jeunes Aveugles, boulevard des Invalides. Selon le souhait de sa famille, il sera inhumé à Coupvray, son village natal, où il était revenu régulièrement au cours de sa vie. Une souscription est bientôt ouverte dans les instituts pour aveugles du monde entier afin d’offrir à la commune une stèle digne du grand homme et, le 31 mai 1887, un monument est érigé sur sa tombe à Coupvray.
Mais Le Gouvernement et tous les groupements d’aveugles souhaitent que Louis Braille soit placé au rang des illustres bienfaiteurs de l’Humanité. Son corps est transféré solennellement au Panthéon de Paris le 22 juin 1952. Toutefois il est décidé que les reliques de ses mains resteront sur sa tombe à Coupvray. Nota : Le Panthéon de Paris est un monument de style néo-classique situé sur la montagne Sainte-Geneviève, dans le 5e arrondissement de Paris, au cœur du Quartier Latin. Le fronton porte l'inscription : « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante » A l’heure actuelle, c’est le Président de la République qui décide d’une inhumation au Panthéon.
Mais Louis Braille est toujours vivant !
Le nom de famille « Braille » est devenu un nom commun : en 1878, l'écriture à points saillants pour les aveugles appelée jusque là l’anaglyptographie prendra le nom d’« écriture braille ». Très vite, elle devient universelle.
Des livres paraissent, pour adultes et pour enfants.
L’informatique, associée à l’écriture braille, permet la lecture, la relecture, l’écriture, l’archivage, l’enseignement, le dialogue de la personne voyante vers la personne non-voyante et réciproquement. Cela à tout âge, depuis le petit enfant, qui naît aveugle et apprend à lire le braille avec ses doigts, jusqu’à la personne âgée qui ne peut plus lire avec ses yeux l’écrit imprimé.
En dépit de ces immenses possibilités de communication ouvertes par Louis Braille et étendues au plus grand nombre grâce à l'informatique et Internet, des progrès sensibles restent à accomplir en matière de sensibilisation et d'information du grand public pour une meilleure connaissance des personnes handicapées visuelles et de leur écriture : le braille. Heureusement, les choses bougent.
D’ailleurs… Louis Braille, l’enfant de la nuit, est dans les étoiles : depuis 1992, un astéroïde porte son nom. |
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