émission du 27 avril 2026 sur Ici Armorique

voici le lien de l'émission : La vie au quotidien quand on est aveugles ou malvoyants

Lire un document, faire ses courses, se repérer. Voilà des actions ordinaires qui peuvent devenir complexes sans la vue. En France, des millions de personnes sont aveugles ou malvoyantes.

Le corps humain est doté de cinq sens : le toucher, l'ouïe, l'odorat, le goût et la vue. Si l'un d'eux vient à nous faire défaut, si l'un d'eux nous abandonne ou s'atténue, c'est toute la vie qui bascule, des habitudes qui s'effondrent et par voie de conséquence, de nouveaux repères à construire.
Cuisiner, jardiner, sortir, gérer ses vêtements ou les documents administratifs, ces actions simples demandent une grande adaptation et beaucoup d’organisation quand on est déficient visuel.

L’association Valentin Haüy

Favoriser l’autonomie, l’inclusion sociale et professionnelle, l’accès à la culture et à l’information pour les personnes déficientes visuelles, voilà les missions de l’association Valentin Haüy, fondée en 1889. Valentin Haüy (1745-1822) est considéré comme le pionnier de l’éducation des personnes aveugles en France. Dominique Duhamel est la présidente de l'antenne des Côtes d’Armor. « L'association Valentin Haüy s'occupe principalement des personnes majeures, malvoyantes ou aveugles. Nous intervenons dans de nombreux domaines : juridique, social, professionnel, sportif » résume-t-elle
Christiane, auditrice de la Bouëxière en Ille-et-Vilaine, témoigne. « C'est arrivé en 2013, je me suis réveillée un matin, tout était noir. C’était la DMLA. Je ne suis pas aveugle, mais c'est le brouillard. Ça a été très dur de laisser les clés de la voiture sur la table, très dur. J'ai de l'aide à domicile, j'ai une personne qui vient pour me faire mes courses. Je fais mon ménage car j’aime bien. Elle contrôle si c'est bien fait. Mais c'est très dur, tout comme le fait de ne pas reconnaître les gens.
Roselyne, auditrice à Iffendic et malvoyante elle aussi, poursuit : « Ma carrière, je l'ai passée au volant. C'est dur, quand vous avez conduit toute votre vie, plus de cinquante ans, quand vous en avez fait votre métier, de poser la clé et de ne plus toucherà la voiture, parce que vous devenez un danger pour tout le monde, y compris pour vous-même ».


Ne pas hésiter à demander de l’aide

« Le plus dur quand on devient malvoyant ou aveugle, c'est le début, parce que les gens sont perdus » poursuit Dominique Duhamel. « Mais la situation l’impose, il faut arrêter de conduire. J'insiste beaucoup là-dessus. Pour se réorganiser, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide aux gens, parce que c'est comme ça qu'on continue un peu la vie sociale, en parlant aux autres. Il faut savoir que la vue, c'est un sens hégémonique, c'est-à-dire que 70 % des informations qui arrivent au cerveau arrivent par la vue, alors on va droit à l'isolement quoi qu'il arrive, donc c'est pour ça qu'il faut essayer de sortir à tout prix de l’isolement ».

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