Laurence a 73 ans, elle est grand-mère, bénévole depuis 2018 et administratrice depuis 2019 au sein de l’association. Avant cela, elle était statisticienne à la Caisse nationale d’assurance maladie, après un parcours universitaire remarquable : baccalauréat à 18 ans, maîtrise de sciences économiques, diplôme d'études approfondies (DEA) d’économétrie, puis entrée à l’École nationale de la statistique et de l'analyse de l'information (ENSAI). 

Aveugle, Laurence a toujours voulu prouver qu’avec un handicap visuel, on peut travailler, réussir et trouver sa place. Elle raconte notamment comment un chef de service, d’abord réservé est devenu l’un de ses plus grands soutiens.  

Marquée par l’exemple de sa mère, l’une des premières femmes psychiatres à exercer en France après-guerre, Laurence a grandi avec la conviction que le travail et l’engagement sont essentiels pour gagner sa place et faire avancer les droits des femmes. 

Profondément attachée à ces valeurs, elle affirme : 
« J’ai toujours voulu travailler et montrer qu’avec un handicap visuel, on peut se débrouiller et réussir. » 

Nous vous invitons à découvrir son témoignage complet et son parcours inspirant, entre engagement, détermination et transmission.

Transcription Laurence de Roquefeuil - Journée internationale des droits des femmes

Je m’appelle Laurence de Roquefeuil, j’ai 73 ans et je suis grand-mère. Je suis mariée à un voyant, ce qui facilite beaucoup la vie quotidienne. Je suis bénévole à l’association Valentin Haüy depuis 2018, année où j’ai pris ma retraite, et j’en suis administratrice depuis 2019. Avant cela, j’étais statisticienne à la Caisse nationale d’assurance maladie, au sein d’une direction statistique. L’un des chefs de service m’observait d’abord de loin, avec une certaine réserve. Puis, lorsque j’ai reçu mon matériel et que je lui ai présenté plusieurs études, il m’a intégrée à son service. Il est d’ailleurs devenu l’un de ceux qui m’ont le plus soutenue, alors qu’il était au départ le plus réticent. J’ai obtenu mon baccalauréat à 18 ans, puis une maîtrise de sciences économiques, un DEA d’économétrie, et je suis ensuite entrée à l’ENSAI. Je me sens concernée à la fois par la Journée internationale des droits des femmes et par la nécessité de faire progresser ces droits : les deux sont importants. J’ai fait des études assez longues. Ma mère, psychiatre, a peut-être été l’une des premières femmes psychiatres à exercer en France, juste après la guerre. Nous étions trois filles et elle nous a toujours répété que, dans la vie, il fallait travailler : l’indépendance financière est essentielle. Sur moi, ce message a profondément porté. Indépendamment de la cécité, j’ai toujours voulu travailler et montrer qu’avec un handicap visuel, on peut se débrouiller et réussir. Je trouve très positif que les congés de paternité entrent aujourd’hui dans les mœurs. En revanche, les violences faites aux femmes sont un sujet que je n’ai pas connu dans ma jeunesse, parce qu’on n’en parlait pas : c’était totalement tabou. Trop de choses sont restées enfouies pendant trop longtemps. Je pense que nous n’avons pas fini de célébrer la journée du 8 mars.

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