"Bonnes mères", l'expo au Mucem
La maternité au travers des âges
Publié le 25 juin 2026
Le samedi 13 juin dernier, Gérard Willey a organisé une visite en audio-description et sensorielle de l’exposition « Bonnes Mères ». C’est Anaïs, médiatrice culturelle qui nous a accueilli à notre arrivée et nous a guidé tout au long de l’exposition.
Une exposition qui, à Marseille, s’imposait à l’évidence, une ville placée sous la protection de Notre-Dame-de-la-Garde, figure emblématique que tous ici surnomment la « Bonne Mère ». Mais loin des clichés de la mère méditerranéenne protectrice et omniprésente, le Mucem a choisi le pluriel pour mieux révéler les contradictions et la richesse de ce thème. Un parcours ambitieux donc - avec ses 350 œuvres (peintures, sculptures, photos) -, qui traverse quatre millénaires d’histoire, de la Préhistoire à l’art contemporain.
Tout au long de l’exposition, Anaïs nous a présenté sur une table roulante nombre d'objets que nous avons pu toucher au fur et à mesure. Une expo divisée en trois partie.
En illustration ci-dessous : 1- Reproduction d'une "Vénus préhistorique" : petite statuette de 12 centimètres.
1- « Déesses-mères »
La première partie présente l'idéalisation de la maternité , « des bonnes mères », en particulier au travers d’un grand moulage grandeur nature en clin d’œil à une petite statuette de 12 centimètres de la période préhistorique, symbole de fécondité et de maternité, représentée avec une toute petite tête nous dévoile ses gros seins, son ventre tout en rondeur, ses grosses hanches et fesses.
Puis Anaïs nous a présenté des vierges (saintes bien entendue) depuis l’Antiquité, la Renaissance et jusqu’à l’époque moderne. En particulier, trois grands tableaux représentant la Vierge à l’enfant. Le premier : un tableau de Botticelli « La Vierge à la grenade », le second : un grand tableau de deux mètres sur trois de Guillaume Dubufe datant de 1890, représentant une vierge à l'enfant qui descend un grand escalier, vêtue d’une robe blanche, et recouverte d'un voile blanc transparent qui recouvre sa tête à moitié, ; et, enfin un dernier tableau, contemporain celui-ci, de Pierre et Gilles, celui d’une vierge à l’enfant dans un décor urbain.
Pour achever cette partie de l’expo, Anaïs nous a présenté le buste de Brigitte Bardot figurant la Marianne - celle qui trône dans toutes les mairies de France : une référence directe à la Marianne de la Révolution portant cocarde et bonnet phrygien.
En illustration ci-dessouss :
1 - Sandro Botticelli (atelier de), La Vierge à la Grenade, vers 1487
2 - Guillaume Dubufe :: La maison de la Vierge (1890)
3 - Pierre et Gilles : Mucem - Pierre et Gilles - La Vierge à l'enfant.
Le buste de Marianne à l'effigie de Brigitte Bardot
2- « Femmes en vie »
Au cours du XX° siècle, se développe la lutte des femmes pour faire reconnaître leur droits à la maternité et leur libre choix de porter un enfant ou non jusqu'au bout. En 1975, après de longues polémiques sociales et politiques, ce mouvement aboutira à la loi Simone Veil légalisant l’avortement.
En illustration, un grand fauteuil tout arrondi en tissu rouge et brun rayé où un enfant est représenté par un cordon relié au fauteuil, montrant ainsi l’aspect contraignant de la maternité pouvant être vécu comme un boulet.
La femme suivant les circonstances au cours du dix-neuvième et vingtième siècles peut être considérée de deux façons contradictoires : « bonne mère » ou « putain ».
La visite s’est poursuivie devant des vitrines et des publications du docteur gynécologue obstétricienne Charlotte Laplane, cheffe de service à l'hôpital Saint-Joseph de Marseille qui mettent l’accent sur les trois périodes de la vie de la femme. La première, celle de l'enfance, puis celle de la puberté et des premières menstruations qui offrent aux femmes l’opportunité de la maternité ; et, enfin, le moment de la ménopause qui ouvre aux femmes contemporaines une période de liberté.
Les progrès en gynécologie permettent aujourd’hui de programmer les naissances ou, quand la venue d’un enfant n’est pas souhaitée de recourir à l’avortement.
En illustration ci-dessous : Gaetano Pesce, Fauteuil Donna Up 5 dit La Mamma (1969)
3- Telles mères, telles filles ?
C'est par un immense cœur rouge qui flotte dans les airs et tourne sur lui-même que s’achève la visite : une tradition portugaise évoquant la mère qui marie sa fille en lui offrant un cœur rouge, symbole de la transmission de la maternité et du lien maternel.
Conclusion
Grâce à Anaïs, notre guide, nous avons ainsi pu parcourir l'exposition et mieux comprendre comment la notion de maternité a évolué au cours du temps, des époques et des sociétés.
Une exposition qu interroge et invite à réfléchir !
Annick Moralia
En illustration ci-dessous : L’immense Cœur rouge de Joana Vasconcelos
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