Un service civique auprès des personnes déficientes visuelles
Une expérience enrichissante et motivante...
Publié le 28 juill. 2026
Abigaïl Zayoro nous raconte son stage à l'AVH de Marseille...
G.F. : Bonjour Abigail ! Merci d'avoir accepté de revenir sur ton expérience. Tu viens de terminer ton service civique à l'Association Valentin Haüy. Avant d'entrer dans le vif du sujet, peux-tu nous rappeler ce qu'est le service civique ?
Abigail : Avec plaisir ! Le service civique est un engagement volontaire qui permet aux jeunes de s'investir dans une mission d'intérêt général. Il peut se faire dans une association, une collectivité ou un établissement public, et dure généralement entre six et douze mois. C'est une belle façon d'acquérir de l'expérience tout en étant utile à la société.
G.F. : Comment es-tu arrivée à l'Association Valentin Haüy ?
Abigail : Je recherchais une mission qui me permettrait de mettre en pratique mes compétences en communication digitale/Web. En découvrant les missions de l'association, je me suis dit que ce serait une excellente occasion d'apprendre dans un domaine que je connaissais très peu : celui du handicap visuel.
G.F. : Concrètement, à quoi ressemblaient tes journées ?
Abigail : Mon service civique était partagé entre plusieurs associations. J'intervenais une journée par semaine à l'Association Valentin Haüy et les autres jours auprès d'autres structures, notamment 13 Atipik et le Secours populaire.
Au sein de l'Association Valentin Haüy, mes missions étaient très variées. J'ai conçu des supports de communication, comme des flyers et des affiches, notamment pour la journée d'intégration prévue en octobre prochain. J'ai également travaillé sur les pages du site internet du comité des Bouches-du-Rhône. Là, ma mission a consisté à mettre à jour les pages des antennes locales de Bras-en-Provence (Lire) et de Martigues (Lire) : actualiser les informations, restructurer les contenus et les rendre plus clairs. Pour cela, j’ai réalisé plusieurs interviews avec les responsables de ces antennes afin de rédiger des articles et de mettre en valeur leurs actions et leurs projets.
L'objectif était vraiment de leur redonner de la visibilité. Certaines pages n'étaient plus à jour, d'autres méritaient d'être mieux organisées. Il fallait revoir leur structure, mettre en avant les informations importantes et donner envie aux visiteurs du site de découvrir les activités des différentes antennes.
G.F. : As-tu rencontré des difficultés ?
Abigail : Oui, principalement au niveau du logiciel utilisé pour gérer le site. J'ai l'habitude de travailler avec WordPress, qui offre beaucoup de liberté et de créativité. Là, l'outil était beaucoup plus contraignant, ce qui ne permettait pas toujours de réaliser les idées que j'avais en tête. Au début, j'étais un peu déçue, mais finalement cela m'a appris à relever le défi, à travailler autrement, à trouver des solutions malgré les contraintes et à respecter davantage les exigences techniques.
G.F. : Tu as aussi travaillé pour un public malvoyant. Est-ce que cela change la manière de concevoir un site internet ?
Abigail : Complètement. Cette expérience m'a permis de comprendre que l'accessibilité ne se limite pas à l'aspect visuel. Il faut penser à la lisibilité des textes, aux contrastes de couleurs, à la taille des caractères, à la navigation, mais aussi à la compatibilité avec les lecteurs d'écran utilisés par les personnes déficientes visuelles. Aujourd'hui, je fais beaucoup plus attention à ces aspects lorsque je conçois un projet numérique, et cela m'a donné envie de continuer à me former sur l'accessibilité web.
G.F. : Tu as également rencontré plusieurs responsables d'antennes. Comment se sont déroulés ces échanges ?
Abigail : Très bien ! Avec les responsables de l'antenne de Martigues, c'était assez inattendu. Un jeudi matin, ils étaient simplement de passage à l'association Valentin Haüy de Marseille, et nous en avons profité pour réaliser l'interview. C'était un échange très enrichissant. Pour l'antenne de Bras, nous avons organisé un rendez-vous en visioconférence. Là aussi, la discussion était passionnante. Après chaque entretien, je faisais un débrief avec mon tuteur, Georges Fernandez. Je rédigeais ensuite l'article, qui était relu et validé par les responsables des antennes ainsi que par la présidente avant sa publication.
G.F. : Et sur le plan humain, qu'est-ce qui t'a le plus marquée ?
Abigail : Sans hésiter, les rencontres avec les personnes non voyantes. J'ai découvert des personnes très chaleureuses, avec beaucoup d'humour et d'autodérision. Elles aiment plaisanter et mettent facilement les autres à l'aise.
Mais j'ai aussi pris conscience de leur réalité quotidienne. Beaucoup doivent réapprendre certains gestes après la perte de la vue et faire preuve d'une grande capacité d'adaptation. Ces échanges m'ont beaucoup fait réfléchir et m'ont permis de porter un regard différent sur le handicap.
Une expérience personnelle et professionnelle enrichissante et motivante...
Les actualités du comité
-
Informations du Club Juillet 2026
Club Nouvelles Technologies du Comité de Marseille
Publié le 30 juin 2026
-
-