Il n'y a pas d'âge pour le braille !
Régine (anorak jaune), bénévole à notre antenne de Pau, et non-voyante depuis une dizaine d'années, nous explique pourquoi l'apprentissage du braille lui apporte plus qu'une autre façon de "lire".
Publié le 20 janv. 2026
Le déclic, c'est magique !
On l’oublie souvent : l'absence de bruit est un luxe que la cécité parfois vole aux malvoyants. Le silence des pages tournées est remplacé par le flux incessant des voix synthétiques. À plus de 75 ans, Régine a décidé de reprendre le pouvoir sur les mots en apprivoisant le Braille.
Devenue aveugle il y a dix ans, Régine aurait pu se contenter des outils numériques vocalisés. Pourtant, elle a choisi la voie de la patience. « Apprendre le Braille à l'âge adulte n'est pas indispensable, mais c'est une libération », confie-t-elle après deux ans de pratique.
Du déchiffrage à la magie
Le chemin fut exigeant. Il a d'abord fallu éduquer la pulpe du doigt : ni trop appuyer, ni effleurer, pour transmettre au cerveau la position exacte des six points saillants. « Une étape fastidieuse qui demande une concentration totale », se souvient-elle. Durant des mois, chaque mot est un sommet à gravir, chaque phrase un effort épuisant où le cerveau s'épuise à isoler des caractères trop proches.
Puis, le déclic. « C’est magique ! Le doigt glisse et la reconnaissance devient directe. » Comme pour une lecture classique, l'esprit anticipe la suite de la phrase, confirmée par le toucher. L'effort s'efface devant le plaisir.
Retrouver le plaisir du silence
Aujourd'hui, à raison d'une demi-heure d'exercice quotidien, le bilan est sans appel. Au-delà de l'orthographe qui se "rafraîchit" sous ses doigts, Régine a retrouvé une intimité perdue : lire dans le calme, sans dépendre d'une voix artificielle.
Si elle concède qu’elle n’égalera jamais la vitesse d’un aveugle de naissance, l'essentiel est ailleurs. En maîtrisant cette discipline, elle s'offre une assurance pour l'avenir : si son ouïe venait à baisser, son lien avec le monde, lui, resterait intact.
La preuve que, même à 75 ans, on peut encore apprendre à voir avec le bout des doigts.
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