12 juin 2026 - Voyage à Beaune
Le Comité de Mâcon part en voyage ! Ce 12 juin 2026 est un grand jour. Il fait beau, il fait chaud, bénéficiaires et bénévoles embarquent dans le car Keolis pour une visite des Hospices de Beaune.
Publié le 2 sept. 2026
Le trajet est court ; distribution de bracelets de couleur dans le car afin de constituer deux groupes et nous démarrons la visite d’une heure environ sous la conduite de la guide Cécile.
Nous nous regroupons dans la cour intérieure, un rectangle entouré de bâtiments coiffés de tuiles vernissées.
Pour les cinéphiles, on repense aussitôt à l’une des scènes de « La Grande Vadrouille »avec Bourvil, De Funès, les tonneaux, la bonne sœur en cornette et les Allemands ! Les images ont la vie dure !
L’Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune est un hospice de style gothique flamboyant avec toiture en tuiles vernissées de Bourgogne, un hôpital fondé en 1443 par le chancelier des ducs de Bourgogne Nicolas Rolin à la tête d’une immense fortune, et sa 3e épouse Guigone de Salins.
Une Institution charitable confiée aux bons soins des dames hospitalières, ce « palais pour les « pôvres » est dédié aux personnes errantes et aux malades sans ressources. Il est resté en activité jusqu'en 1971.
1443, fin de la Guerre de Cent ans. Il s‘agissait « d’offrir un palais aux pauvres ». C’est ainsi que les matériaux les plus chers sont utilisés comme la pierre et l’ardoise issues d’un rayon de 10 km.
Cécile fait circuler des ardoises émaillées pour une partie, vertes, jaunes, elles font glisser la pluie et évitent l’apparition de mousses. Cela suppose aussi une bonne charpente, la couverture pèse 100 kg/m2 !
Pas étonnant non plus que, vus le long de la rue principale, les toits bien visibles, éblouissent. Le bâtiment est pour Nicolas Rolin « son œuvre de charité ».
La salle des « pôvres »
La salle est immense : 48m de long x 14m de large et 16m de haut. Ce « palais » pour les pauvres est construit sur le modèle des salles de réception des châteaux. On expliquait la hauteur du plafond par « les microbes qui montent » !
La salle Saint-Hugues sera réservé aux hommes, tandis que l'historique salle des pôvres sera réservée aux femmes. Une grange à grain fermera la seconde cour, au sud.
Deux rangées de lits de chaque côté de la pièce, montants en bois et rideaux rouges. 28 lits forment une ligne. Chaque lit est étroit pour les deux malades qu’il accueille ! On ne dort pas couché, mais dans la position allongée, celle de la mort.
Près du lit, une tablette sur laquelle on pose de la vaisselle en étain : pichet, gobelet, écuelle. Bancs et chaises en bois, percées ou non, complètent l’ensemble.
Deux éléments importants sont absents de cette pièce : le chauffage et les toilettes. On réchauffe les lits avec des bouillottes et on utilise un pot de chambre, comme celui en métal blanc circulant parmi nous.
Le plafond est en voute de bateau peinte, avec des dragons protecteurs.
Les Sœurs Hospitalières de Beaune sont en charge des malades. Elles portent un uniforme très remarquable avec leur cornette blanche en tissu très amidonné, arrivant au-dessus des épaules.
L'Ordre des Sœurs Hospitalières de Beaune naît en 1459. Elles associent vie monastique et soin aux pauvres et aux malades.
Tous les lits portent un numéro. Un coup d’œil au lit n°6, celui où se cacha l’aviateur anglais Peter Cunningham, joué par l’acteur Terry Thomas, l'aviateur sauvé par Augustin Bouvet (Bourvil) dans le film « La Grande Vadrouille », et son inoubliable réplique à la religieuse médecin (Marie Marquet) lui demandant « dites 33 » et celle « il vaut mieux être malade ici que bien portant ailleurs ».
La chapelle
Remarquable avec son polyptyque du Jugement dernier de Rogier van der Weyden, son mobilier, deux tapisseries autour de l’autel et des objets d’art.
Un jubé en ferronnerie finement ciselé sépare la chapelle de la salle des pôvres.
Les carreaux au sol, magnifiques, datent de la restauration de l’édifice en 1970. Les carreaux d’origine étaient beaucoup plus épais.
Le groupe rejoint ensuite la Cour des Fondateurs représentés par des peintures très colorées. Nous sommes dans le Jardin des Simples, ce qui permet de « renifler » des odeurs connues ou pas de plantes médicinales. Pas facile de les identifier !
Un avant-goût avant d’entrer dans la pharmacie (l’apothicairerie) des Hospices. Une salle entourée de pots en céramique blanche et verte dans des armoires vitrées, une salle où l’on préparait remèdes, pommades, onguents, etc. Deux religieuses étaient affectées à l’apothicairerie.
Une médecine empirique
Entrons dans la pharmacie.
Cécile nous fait soupeser un lourd pilon (8kg quand même) qu’il fallait tenir au-dessus d’un énorme pot en étain de 150 kg.
A l’autre extrémité de la pièce, une imposante fontaine en marbre occupe tout un pan de mur.
On soigne ce que l’on nommait « la théorie des humeurs ». La théorie humorale considère que la santé de l'âme comme celle du corps réside dans l'équilibre des humeurs - sang, phlegme, bile jaune, bile noire - et des qualités physiques - chaud, froid, sec, humide - qui les accompagnent.
On procède ainsi à des prises de sang, des lavements (avec un instrument dont la seule vue attire l’effroi des visiteurs), pose de sangsue, on donne des laxatifs.
On utilise de la poudre de cloporte contre la constipation, d’escargot et de limace, du « sang de dragon » le dragonnet (petit poisson d’origine tropicale).
La thériaque est une préparation, connue depuis l'Antiquité, contenant plus d'une cinquantaine de composants (jusqu'à une centaine), dont une assez forte dose d'opium, et à laquelle on prêtait des vertus toniques et efficaces contre les poisons, les venins et certaines douleurs.
Les noms inscrits sur les bocaux dans les vitrines ne donnent pas envie de les avaler.
Un petit tour à la cuisine
Depuis la grande salle des pauvres, on a un accès direct vers les cuisines des Hospices. Un imposant fourneau, des ustensiles tout en cuivre. Des mannequins de religieuses ont été remis à leur place, à l’épluchage des légumes, à la préparation des viandes, à la vaisselle, retraçant ainsi les grandes heures des Hospices quand les nonnes préparaient les repas aux malades.
Dans la salle du Polyptique du Jugement Dernier
Ses dimensions : ouvert : 220 x 548 - fermé : 220 X 274
A noter également : des coffres et des vêtements du 15e siècle, ainsi que la statue de Saint Jean Baptiste datant de la 2e moitié du 16e siècle.
Fin de la visite
Un arrêt à la boutique de souvenirs à rapporter à la famille et aux amis et une dernière photo sur la place avant de se diriger à quelques pas des Hospices et de la basilique Notre-Dame, au Restaurant « L’Air du Temps »
MENU (bourguignon)
Kir
Véritable jambon persillé, compotée d’échalotes au cassis
Mijotée de noix de joue de bœuf, pomme de terre Roseval
Financier aux baies de cassis, sorbet cassis,
Café
La Moutarderie Fallot
Le joyeux groupe démarre l’après-midi par la visite de la dernière moutarderie artisanale de Bourgogne. Le goût et l’odorat vont pouvoir être sollicités.
Fallot c’est « une véritable histoire de Maisons dont l’héritage familial se perpétue ». Fallot est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, toujours implantée rue du faubourg Bretonnière à Beaune, dans ses bâtiments d’origine, depuis 1840 !
Une seule et même famille détient l’entreprise depuis 1928. Certes, l’outil de production a été modernisé, mais l’essentiel a été conservé : la dimension familiale, régionale, artisanale et l’écrasement lent des graines à la meule de pierre. Une continuité d’activité depuis 1840 !
Nous descendons dans une pièce aux pierres apparentes où une énorme meule occupe l’espace central. Une odeur se dégage.
Un goût puissant et équilibré, typique de la moutarde. Une fabrication respectueuse des traditions, avec broyage des graines à la meule de pierre pour préserver les arômes.
La principale différence entre les dénominations « moutarde de Dijon » et « moutarde de Bourgogne » tient dans le fait que la seconde, titulaire d'une IGP (Indication Géographique Protégée), est confectionnée à partir de grains de moutarde récoltés à 100% en Bourgogne, quand la moitié des grains de la moutarde de Dijon sont importés, principalement du Canada, plus gros producteur. La moutarde de Bourgogne doit comporter 25 % minimum de vin blanc Chardonnay ou Aligoté.
La moutarde Fallot est composée de 4 ingrédients : graines de moutarde, vinaigre d’alcool, sel et eau.
Notre guide fait circuler des siliques (sortes de poches) dans lesquelles sont contenues les graines (chnourka). On fait tourner des petits grains bruns, très caractéristiques par leur odeur, afin de les sentir et de goûter.
Fallot produit 40 sortes de moutarde. Les graines passées dans la meule de pierre sont ensuite laissées au repos durant 48h. Une réaction chimique se produit. Dans cette moutarde forte, on introduit des arômes naturels. Il en existe 30 variétés.
Dégustation
Bien installés sous le préau devant la boutique, Manuela notre charmante guide, nous fait goûter 3 sortes de moutarde :
-
la moutarde de Dijon ;
-
la moutarde de Bourgogne, plus forte , elle a du « piquant » ;
-
sa moutarde préférée , celle au miel et au vinaigre balsamique.
Les papilles sont très sollicitées. Il ne reste plus qu’un passage au « bar à moutarde », puis au magasin de vente pour quelques achats à rapporter à sa famille ou à ses amis et connaissances.
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Ce fut une belle journée, chaleureuse et immersive qui laissera à tous, bénéficiaires et bénévoles, des souvenirs odorants et gustatifs.
Vivement l’année prochaine !
Monique Mathy
Présidente Comité de Mâcon
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