Des équipes mobilisées à la Résidence Autonomie : brèves de confinement

A la Résidence autonomie de l’association Valentin Haüy située à Paris, 55 personnes seniors et 38 jeunes travailleurs déficients visuels vivent depuis le 16 mars confinés. Découvrez leur vie pendant le confinement à travers quelques témoignages.

Particulièrement vulnérables du fait de leur handicap, les habitants de la résidence autonomie sont aidés par les équipes de salariés et de bénévoles qui redoublent d’énergie et d’effort pour les soutenir dans leurs besoins et les aider à mieux vivre ces journées si particulières ou la distanciation sociale est primordiale pour éviter que le virus Covid-19 ne se propage davantage.

Vivre autrement

Frédérique Pouillot est responsable adjointe de la résidence autonomie. En coordination avec Laurence Sisman, responsable de l’établissement,  et les équipes, une nouvelle organisation a été mise en place pour adapter au mieux la vie des résidents pendant cette crise sanitaire sans précédent 

Frédéric Pouillot à l'accueil de la résidence autonomie

« C’est un grand bouleversement pour le centre parce que nous faisions beaucoup d’activités collectives, nous recevions beaucoup de groupes, et du jour au lendemain on a dû faire face et stopper toutes les visites pour protéger les résidents. Ça a été un petit peu violent car on avait des collègues qui étaient aussi absentes.

Mais assez vite grâce à la mobilisation de bénévoles et de volontaires parmi des équipes d’autres services qui sont venus nous donner un coup de main, on a pu faire face. Aujourd’hui, on a presque un rythme de croisière (...) On essaie donc de vivre autrement. Les résidents restent chez eux, on leur monte les plateaux-repas, on leur fait leurs courses. On a une équipe de bénévoles formidables qui les aide à s’organiser pour qu’ils aient aussi des petits moments de bonheur pendant cette vilaine période (...)»

Donner des repères

Rania, infirmière à la résidence

Rania est infirmière libérale depuis 3 ans à la résidence autonomie de l’association Valentin Haüy. « On surveille tout particulièrement les patients à risque et on est en lien avec leur médecin traitant. C’est difficile pour les résidents en ce moment car il y a l’isolement, ils sont confinés sans possibilité de visite de leurs familles et ils écoutent beaucoup les infos, c’est très anxiogène. Mais il y a toute une équipe pluridisciplinaire de professionnels ici. Nos visites permettent d’aller les voir, de les rassurer. Le fait qu’on vienne les voir leur donne des repères, pour qu’ils se sentent plus sécurisés et entourés. »

« Tout s’est arrêté avec le confinement »

Benita 24 ans, sourit malgrè le confinement

Benita est un jeune travailleur de 24 ans, non-voyant, arrivé à la résidence Autonomie il y a 5 ans.  « Je suis arrivé à la résidence pour la première fois à l’âge de 19 ans. Ici c’est la maison mais j’ai hâte d’en sortir quand même car juste avant le confinement, je venais d'obtenir un appartement et un CDI ! J’ai décroché un CDI de conditionnement industriel à Orly après 8 ou 9 mois de recherches. J’avais aussi trouvé un appartement à Savigny sur Orge. Tout s'est arrêté brutalement avec le confinement. Quand ça sera terminé, j'irai voir ma chérie et j'irai en boîte pour danser. Ma mère et mes amis me manquent aussi ... Et les matchs de foot !»

« Nos amis résidents nous manque »

Michel, non voyant et Véronique voyante en couple à la résidence autonomie

Michel, non-voyant et Véronique, voyante, se sont rencontrés en 2008 lors d’une randonnée, et ils ne se sont plus quittés ! Le couple vit ensemble à la résidence depuis 2009.
Véronique : "D'habitude, on a des cours d'anglais, des conférences, du tricot, et des quizz ... Ça fait des repères dans la semaine. Maintenant, je m'occupe d'aller chercher le pain et certaines courses pour tous les résidents. On est bien mieux ici que si on était enfermé, tous les deux dans un appartement ! On peut voir du monde. Cependant cela nous manque de ne pas pouvoir aller au restaurant, de partager nos repas dans la salle à manger avec nos autres amis résidents."


« Garder la pêche et avoir le sourire »

Karin apporte les plateaux repas dans les chambres des résidents

Karine est salariée au siège de l'association Valentin Haüy. Depuis le début du confinement, elle s'est portée volontaire pour venir tous les week-ends à la résidence autonomie pour apporter les repas, mais aussi sa bonne humeur aux résidents déficients visuels. Elle a même mobilisé ses amis Nathalie et Guillaume.

Nathalie tout sourire sous son masque avec la doyenne de la résidence

Nathalie, est bénévole depuis les premiers jours du confinement à la résidence Autonomie de l'association Valentin Haüy: « On est là tous les week-ends, on commence donc à connaître beaucoup de personnes, et les résidents se confient de plus en plus à nous. Notre principale mission, c’est de leur amener les plateaux, d’aller les rechercher après le déjeuner, de  discuter avec eux, et voir comment ils vont. Ça commence à être très compliqué car c’est très long pour eux. Ils ont besoin de soutien et on est là pour ça aussi ! Ce sont vraiment de belles personnes et ça me fait très plaisir d’être là, de pouvoir les aider. Le plus épuisant, c’est de garder la pèche et le sourire... même si beaucoup d’entre eux ne peuvent voir, ils ressentent les choses. Donc il faut une grande force pour tenir le rythme et leur apporter le soutien le temps d’un week-end. Ils nous applaudissent les soirs à 20h…. On les adore !» 

Le personnel aux petits soins

Fouad, résident au foyer jeune travailleur

Fouad, 47 ans, résident au foyer jeune travailleur et ancien étudiant CFRP de l’association Valentin Haüy en massage bien-être, confiné pendant trois semaines.
« J’ai pris mon mal en patience pour me protéger mais aussi protéger les autres. Certains jours, c’est un peu difficile, mais ça va ce n’est pas la fin du monde. Quand ça sera terminé, j’ai envie de faire la fête avec beaucoup de gens histoire de souffler ! On espère sortir grandi de toute cette épreuve. A la résidence, il y a une très bonne ambiance, une bonne entente. On rigole bien, on mange bien, le personnel est vraiment formidable et aux petits soins. Avec cette épidémie, les gens s’entraident et c’est formidable.»

Michel à la résidence depuis 18 ans a lui aussi du rester confiné pendant trois semaines dans son studio:

«On m’a confiné dans ma chambre car je toussais beaucoup, mais ca va mieux, on m’a donné des antibiotiques. Je croyais que je supportais bien le confinement mais quand Mélodie l’infirmière m’a dit que les résultats étaient négatifs, j’étais très content, j’étais prêt à sauter en l’air ! Sinon on est très bien suivi ici, dès qu’on a besoin de quelque chose il suffit d’appeler et quelqu’un monte nous l’apporter. Je suis habitué à danser au moins quatre journées par semaine donc ça me manque.»

 

A lire également

Au centre Odette Witkowska de l’association Valentin Haüy, les équipes encadrantes ont dû s’adapter pour réinventer le quotidien des 30 résidents confinés sur le site et répondre au mieux aux différents besoins, tant individuels que collectifs. Découvrez comment salariés et résidents vivent depuis maintenant près de 54 jours pour respecter le confinement.

 

Appels téléphoniques réguliers, newsletter participative, échanges autour d’un livre, dépannage d’appareils adaptés, courses, les équipes de bénévoles et de salariés se sont mobilisés et se mobilisent encore pour maintenir un lien étroit avec leurs bénéficiaires. Alors que le déconfinement débute, retour à Grenoble et à Versailles, sur une vie qui a été bousculée comme partout en France pendant plus de 55 jours : découvrez quelques témoignages.

 

À l’occasion de la Journée Nationale des Aveugles et des Malvoyants du 4 octobre, découvrez les différents parcours de vie de Lucette, Frédéric, Landry, Elise et Manuela. Tous ont fait appel à l’association Valentin Haüy qui, depuis 130 ans, accompagne les personnes déficientes visuelles dans les étapes de leur existence.