Les comités au plus proche des bénéficiaires malgré le confinement

Contraints à fermer leur accueil dès le 17 mars en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19, les comités de l’association Valentin Haüy assurent toujours un lien étroit avec leurs bénéficiaires grâce aux équipes de bénévoles et de salariés mobilisées à distance.

 

Par téléphone, ou encore par le maintien de certaines activités comme celle de l’enregistrement de livres audio, plus que jamais nos équipes innovent dans leurs pratiques, mettent en place de nouveaux rituels pour accompagner et aider à distance les personnes déficientes visuelles.

Découvrez l'exemple de Nantes et La Roche-sur-Yon à travers quelques témoignages de bénévoles et bénéficiaires.

 

Des livres audios enregistrés à domicile

A la Roche -sur-Yon, le comité de Vendée participe activement à l’enregistrement de livres audio grâce notamment l’implication d’une quarantaine de bénévoles « donneurs de voix » et à un travail d’équipe qui mobilise aussi le centre d’enregistrement du siège de l’association. En 2019, plus de 170 livres audio ont été produits par 32 donneurs de voix.

Cette activité ayant lieu au domicile des bénévoles, elle se poursuit pendant le confinement comme nous l’explique Michel Guesdon, responsable de la bibliothèque sonore. Plus que jamais, il est important de pouvoir mettre à disposition le plus de titres possibles en version adaptée afin que les personnes empêchées de lire du fait d’un handicap puissent accéder à la culture et se distraire.

 

 Maintenir le lien avec les plus isolés

A Nantes, on se mobilise pour maintenir le lien avec les bénéficiaires, transmettre des informations utiles en période de confinement et rompre avec l’isolement encore plus difficile à vivre parce que les activités sont suspendues.  

« Nous souhaitions que notre Comité reste accessible, et offre une possibilité d’écoute. La mise en place du télétravail de notre secrétaire Elodie fut décidée. Saluons ici, la volonté d’Elodie qui a transféré notre ligne téléphonique à son domicile et mis son ordinateur personnel à disposition ! Nous pouvons ainsi répondre aux contacts téléphoniques et joindre certains qui nous paraissaient être bien seuls pour nous assurer qu’ils n’étaient pas dépourvus d’aide et de soutien.» explique Martine Routon , Présidente du comité. Et de rajouter, « le déconfinement annoncé le 11 mai inquiète. Il nous faut tenir compte à la fois des recommandations et de notre contexte ! Les déficients visuels sont des personnes vulnérables ! Ils ont les yeux au bout des doigts ! Les personnes qui fréquentent notre comité sont majoritairement des plus de 65 ans. Les mesures sanitaires et de distanciation sont pour les unes très contraignantes, les autres difficilement applicables avec le besoin de guidage ou de proximité ».

 

« C’est stressant, il y a des hauts et des bas »

Kariman Geairon est à la fois bénéficiaire et bénévole au comité de Nantes, où elle prend des cours d’anglais et aide à l’organisation de la tombola annuelle et aux formations sur le matériel de lecture. Pour cette nantaise non-voyante de 56 ans, le confinement est une épreuve difficile :
 

« C’est stressant, il y a des hauts et des bas. Heureusement, mon fils vit avec mon mari et moi le temps du confinement. Il fait mes courses, il m’aide à les nettoyer, produits par produits, je ne sais pas comment j’aurais fait sans lui. Je peux sortir avec lui aussi un peu, il mesure la distance entre les gens et moi. Ce ne sont pas vraiment des moments de détente. Quand on ne voit pas et qu’en plus on doit marcher avec un masque sur la bouche, ça rend un peu claustrophobe. En ce moment je prends le temps d’appeler les personnes âgées de l’association pour prendre de leurs nouvelles, ça leur fait plaisir. On habite à trois mais avec mon handicap c’est comme si nous étions quatre, il faut apprendre à vivre avec. C’est pourquoi j’espère qu’on ne va pas laisser rentrer le coronavirus en plus, ça ferait un peu trop ! Je rêve d’aller au spa pour un bon gommage ! Ou juste de pouvoir marcher à Pornichet au bord de l’eau parce qu’il n’y a pas d’obstacle. On peut y marcher sans canne et sans personne. »

« Au comité je faisais beaucoup d’activités »

Marvonne Garel, 74 ans, malvoyante, est bénéficiare au comité de Nantes, prend pour sa part le confinement avec beaucoup de philosophie :
 

« Je suis quelqu’un de très actif mais étonnamment le confinement se passe très bien. Je suis plutôt privilégiée car j’ai tous les commerces jusqu’en bas de chez moi donc je suis indépendante pour faire mes courses et j’ai un magnifique balcon fleuri ! Je jardine beaucoup, je vais me promener une heure par jour et je prends plus de temps pour moi. Ce qui me manque le plus, ce sont les contacts, la convivialité et le manque de repères dans la semaine.  Au comité de Nantes de l’association Valentin Haüy je faisais beaucoup d’activités : j’avais un groupe de parole, je faisais du pilate, du yoga, des séances de massage bien-être, des sorties au théâtre, aux expositions. Je rêve de me refaire un bon restaurant avec les copines du comité, je suis une vraie épicurienne ! Martine (Routon) nous informe régulièrement des différentes offres culturelles à faire en ce moment, elle m’appelle pour prendre des nouvelles et on s’appelle aussi entre nous. »

Rendez-vous mardi 12 mai pour découvrir les actions entreprises par les comités de Versailles et  Grenoble pour aider les personnes déficientes visuelles durant le confinement.

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Femme portant un masque en tissu.

Contraint de fermer avec la crise sanitaire, l’atelier de la Villette, entreprise adaptée de l’association Valentin Haüy (Paris 19e) a rouvert ses locaux dès le premier jour du déconfinement lundi 11 mai. Une reprise d’activité progressive soigneusement préparée et souvent très attendue des 37 salariés en situation de handicap qui y travaillent habituellement.

Appels téléphoniques réguliers, newsletter participative, échanges autour d’un livre, dépannage d’appareils adaptés, courses, les équipes de bénévoles et de salariés se sont mobilisés et se mobilisent encore pour maintenir un lien étroit avec leurs bénéficiaires. Alors que le déconfinement débute, retour à Grenoble et à Versailles, sur une vie qui a été bousculée comme partout en France pendant plus de 55 jours : découvrez quelques témoignages.