4 octobre : Journée Nationale des Aveugles et Malvoyants

À l’occasion de la Journée Nationale des Aveugles et des Malvoyants du 4 octobre, découvrez les différents parcours de vie de Lucette, Frédéric, Landry, Elise et Manuela. Tous ont fait appel à l’association Valentin Haüy qui, depuis 130 ans, accompagne les personnes déficientes visuelles dans les étapes de leur existence. 

Lucette : "Ma vie a véritablement commencé à l’âge de 53 ans"

Redéfinir sa vie pour mieux se réaliser, telle est la trajectoire de Lucette, non voyante complète à la suite d’une naissance prématurée. En dépit des difficultés, Lucette réussit à obtenir son certificat d’études avant de travailler bénévolement dans un atelier de reliure des années durant. « Ma vie a véritablement commencé en 2008 à l’âge de 53 ans, lorsque je suis arrivée à la Résidence Autonomie Valentin Haüy du 19ème arrondissement. Aujourd’hui, grâce à Virginie, l’experte en informatique de la résidence qui m’a appris à me servir d’un ordinateur adapté, j’utilise Internet couramment. » Participant à l’atelier d’écriture organisé sur place, elle s’est lancée dans la rédaction de ses mémoires. Grâce à Corinne, l’ergothérapeute de l’équipe, Lucette a aussi découvert le plaisir de préparer seule des bons petits plats qu’elle peut ensuite partager avec ses ami(e)s. « Dire qu’il y a onze ans, je ne savais même pas éplucher une pomme de terre, ni casser correctement un œuf... »

Frédéric : "J’étais entré ici pour finir ma vie et c’est là qu’elle a véritablement commencé !"

La Résidence Autonomie est aussi un lieu qui permet de rompre l’isolement lorsqu’on devient déficient visuel : « C’est un beau roman, c’est une belle histoire... » Frédéric raconte ainsi sa rencontre avec Monique, reprenant à son compte les paroles d’une chanson interprétée lors des spectacles auxquels ils participent.

« Lorsque je suis arrivé à la résidence en 1995, je n’étais pas très bien moralement : à 55 ans, j’étais en train de perdre la vue en raison d’une rétinite pigmentaire sévère qui m’avait obligé à quitter mon métier de postier, d’abord dans l’armée, puis dans le civil. » Lors d’un atelier poterie, il « croise le regard de Monique », une artiste lyrique retraitée, bénévole de l’association. Son accompagnatrice à l’association est aujourd’hui devenue sa compagne. Vingt ans après, Frédéric et Monique se sont mariés et coulent des jours heureux dans leur appartement du centre résidentiel où ils profitent des nombreuses activités proposées. « J’étais entré ici pour finir ma vie et c’est là qu’elle a véritablement commencé ! »

Landry : "le Foyer de l’association m’offre un tremplin vers la vie active"

Landry a subi une opération à 13 mois, pour corriger une cataracte congénitale. « J’ai grandi avec 1/10e d’acuité visuelle. Inscrit en sociologie-anthropologie à l’université de Lyon II, je maîtrisais déjà le braille et disposais d’un ordinateur équipé d’un ZoomText. J’ai ensuite dû partir à l’EHESS-Marseille où la Mission Handicap m’a suivi durant mes années de Master. »

En 2014, sa vue se détériore irrémédiablement. Pour pouvoir continuer ses recherches et préparer sa thèse, Landry intègre l’un des établissements de l’association Valentin Haüy à Paris. « Le cap symbolique de la canne blanche passé, je construis ma nouvelle existence. Les séances de locomotion comme les ateliers de cuisine ou de ménage font mieux qu’éviter le repliement sur soi-même, en participant à la reconstruction du lien social. La carrière d’enseignant-chercheur s’avérant désormais impossible, j’ai élaboré mon projet professionnel et fixé mes objectifs avec l’association Valentin Haüy qui me soutient dans mon insertion. Pendant deux ans, le Foyer de l’association m’offre un tremplin vers la vie active. »

Elise: "On peut réussir malgrès son handicap"

Dipômée au CFRP de l'association Valentin Haüy en section "praticien bien-être", Elise est une jeune femme pétillante et pleines de projets. "L'association Valentin Haüy a été une phase dans ma vie très importante. Je suis venue ici dès que mon handicap s'est développé." Dès qu'on arrive ici, on se sent immédiatement dans son élément." Une fois diplôme en juillet 2018, Elise trouve tout de suite un travail au sein d'une entreprise en région parisienne. "J'ai trouvé ce travail  grâce à l'association Valentin Haüy, c'est elle qui a fait le lien.  C'est une des force de cette association  ils nous aident même après le diplôme, pour trouver notre voie et créer notre projet. malgré notre handicap on peut réussir, et l'association Valentin Haüy nous donne tous les moyens pour ça !"

Manuela: "La malvoyance est un concept difficile à comprendre pour les voyants"

Pour Manuela, le poste de praticien bien-être est une reconversion. A la base comptable, elle est obligé d'arrêter son métier lorsque sa vue se déteriore. "J’ai ensuite fait assistante-maternelle, fabriqué et vendu des bijoux en entreprise ... En 2011, un ami au CFRP m’a parlé de la  formation praticien bien-être. Je me suis inscrite et j’ai été prise tout de suite. Ca aide de rencontrer d’autres personnes dans la même situation de handicap, c’est thérapeuthique, chacun apporte son experience." Désormais à son compte, Manuela se passione pour son métier. "Aujourd’hui j’ai 50 ans, je suis super heureuse et je m’épanouie complètement dans ce domaine."

Elle pratique également la sensibilisation en entreprise pour faire changer le regard sur les personnes déficientes visuels. "Pour beaucoup de personnes la malvoyance est difficile à comprendre, d’autant plus que je n’ai ni canne ni chien donc pas de signe exterieur de mon handicap. Ils me voient me promener dans les couloirs de facon autonome donc ils s’étonnent. J'essaie de leur montrer que nous avons chacun une façon unique de voir et de percevoir les choses."

Alors que le cap des 1,5 million de défi cients visuels est sur le point d’être franchi en France, cette journée permet de rappeler la nécessité d’agir pour plus d’égalité, d’accessibilité et d’autonomie dans tous les gestes du quotidien.

 

L’association Valentin Haüy c’est aussi près de 3500 bénévoles, qui chaque jour, s’impliquent dans la cause pour permettre aux personnes aveugles ou malvoyantes de gagner en autonomie et rompre avec l’isolement .

 

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Conçue par la start-up GoSense et testée, conditionnée et diffusée par l’association Valentin Haüy, découvrez les avantages de ce nouveau produit « fabriqué en France », pour sécuriser encore plus les déplacements des personnes déficientes visuelles équipées d’une canne blanche.